Ardennais célèbres

Rimbaud est sans doute actuellement l’Ardennais le plus célèbre de la planète. D’autres personnages ont connu la gloire, à des époques différentes et pour des raisons diverses.

 

BAZELAIRE Paul est né le 4 mars 1886 à Sedan. A sept ans, alors élève du Collège Turenne de Sedan, il commence l’étude du violoncelle grâce à H. Clarinval, l’excellent Directeur de la Société Philharmonique de Sedan. A dix ans, il entre au conservatoire de Paris dans la classe de Delsart.Paul BAZELAIRE, violoncelliste éblouissant, est aussi un pianiste prestigieux ! A son entrée au Conservatoire, il hésite encore sur le choix de l’instrument !

Son premier concert fut pour sa ville natale, Sedan, le 18 décembre 1897.
A onze ans, il remporte un premier prix de violoncelle à l’unanimité, fait unique dans les annales violoncellistiques du Conservatoire. 
Il fait ses études au Conservatoire de Paris où il obtient également ses premiers prix d’harmonie, de contrepoint et de fugue.
Dans la classe de Xavier Leroux, il remporte le premier prix d’harmonie... il a 17 ans.

Souhaitant poursuivre jusqu’au bout ses études de composition, il travaille le contrepoint et la fugue avec Caussade et Lenepveu.
A 19 ans, il obtient de nouveau un premier prix de fugue et de contrepoint. 

Il travaille l’orgue avec Louis Vierne. En quelques mois, il devient célèbre. Nommé professeur au Conservatoire national Supérieur de Paris en 1918 à l’âge de 32 ans, pédagogue remarquable, il s’attache passionnément à l’enseignement du violoncelle et de très nombreux élèves viennent rejoindre son école. En 1958, l’année de sa mort, il travaillait à des arrangements pour deux violoncelles et harpe pour un trio se composant de sa seconde femme, Monique VIAUDEZ et de ses deux sœurs. Un soir, alors qu’il s’habillait avant de donner un concert, il se trouva mal et s’est éteint. 

BOUCHER DE CREVE COEUR DE PERTHES Jacques : Né à Rethel en 1788. Préhistorien. Directeur des douanes, amateur d’antiquités, célèbre pour ses études archéologiques, il est le premier à soutenir l’hypothèse de l’homme préhistorique, à la suite de découvertes effectuées dans la région d’Abbeville. Il meurt à Abbeville en 1868, après avoir convaincu les spécialistes de l’époque de la justesse de ses théories. 

BOURDON Georges Henri: né à Vouziers le 15 janvier 1868. Ecrivain, hommes de lettres et journaliste (Le Figaro). En pleine guerre, le 9 janvier 1918, il fait partie d'une quinzaine de journalistes et écrivains qui se réunissent à Paris pour fonder le premier syndicat de journalistes en France. De 1922 à 1938 (année de sa mort à Paris), durant 16 ans, il a présidé ce Syndicat National des Journalistes (SNJ). Georges Henri Bourdon a inspiré la loi du 29 mars 1935 protégeant le statut des journalistes, créant la clause de conscience, la charte des journalistes et la carte nationale d'identité des journalistes professionnels. Il a créé la première école de journalisme à Paris. 

BRUNEAU Charles : Né à Givet en 1883. Linguiste. Son oeuvre est importante. On lui doit une étude phonétique des patois d’Ardenne. Connu pour être l’auteur d’une Petite Histoire de la Langue Française. Professeur en Sorbonne, il a collaboré aussi à un Précis de Grammaire Historique.

CAQUOT Albert : Né à Vouziers en 1881. Admis à Polytechnique à dix-huit ans dans les Ponts et Chaussées. Nommé à Troyes qui lui doit son réseau d’égouts. En 1912, il quitte l’administration et poursuit des recherches. La guerre interrompt son travail sur le béton et il se tourne vers l’aéronautique. Ses inventions dont il fait don aux Alliés lui valent plusieurs décorations. Clemenceau le nomme directeur technique de l’aviation. Après la guerre, il multiplie les inventions. De nombreux ouvrages sont réalisés selon ses plans : des ponts, des barrages... En 1922, il devient professeur à l’Ecole des mines puis à l’Ecole des ponts et chaussées. Lors de la création du ministère de l’Air, on le charge de la production aéronautique. L’Académie des Sciences l’élit dans sa section de mécanique. En 1935, il conçoit la forme-écluse "Jean Bart", à Saint-Nazaire. En 1938, il dirige toutes les sociétés navales d’aviation. Il démissionne en 1940 et revient à la construction d’ouvrages d’art. Après la guerre, il réalise de très grands ouvrages : le barrage de la Girotte, la grande écluse de Donzère-Mondragon, le pont à haubans de Donzère... Il participe également à la construction du barrage sur la Rance. Deux grands projets le passionnent à la fin de sa vie : un pont à haubans sur la Manche et une usine marémotrice dans la baie du Mont-Saint-Michel. Il meurt en 1976.

CHANZY Antoine-Eugène-Alfred : Né à Nouart en 1823. Général et diplomate. Il sert d’abord en Algérie et prend part aux campagnes d’Italie et de Syrie. Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il s’illustre à la tête de la deuxième armée de la Loire et y acquiert sa réputation de chef énergique et tenace. Député des Ardennes en 1871, il est nommé Gouverneur général de l’Algérie deux ans plus tard. Après avoir été ambassadeur en Russie, il s’éteint à Châlons sur Marne en 1883.

CORVISART Jean-Nicolas : Né à Dricourt en 1755. Médecin. Il obtient la chaire de clinique interne à l’hôpital de la Charité en 1795 et devient professeur au Collège de France en 1797. Eminent clinicien, il est nommé premier médecin de Napoléon. A ce titre, il suit l’Empereur dans quelques-unes de ses campagnes. Sa notoriété n’est pas due seulement à son illustre patient. Il se distingue également par ses exceptionnelles qualités d’enseignant et par son obstination à fonder la médecine clinique sur des bases scientifiques. A ce savant, on doit deux ouvrages importants : « Essai sur les maladies du coeur et des vaisseaux » et « Nouvelle Méthode » pour reconnaître les maladies internes de la poitrine. Il meurt en 1821. 

DHOTEL André : Né à Attigny en 1900. Professeur de philosophie à Paris, puis à Athènes (1924-1928). Il est l’auteur de poèmes, de nombreux récits et d’une quarantaine de romans où il évoque les Ardennes. Parmi ceux-çi : Campements, Le village pathétique, Nulle part, Les rues de l’aurore, Ce jour-là, Les chemins du long voyage, Ce lieu déshérité, L’homme de la scierie, Bernard le paresseux, Les premiers temps, Mémoires de Sébastien, Le maître de pension, Le plateau de Mazagran, L’honorable Monsieur Jacques, Je ne suis pas d’ici, Le soleil du désert, Le train du matin, Un jour viendra, Rhétorique fabuleuse. Il acquiert la notoriété en 1955 avec « Le Pays où l’on n’arrive jamais » (Prix Fémina) qui raconte l’histoire de Gaspard et de ses aventures bizarres dans sa vie désordonnée de nomade. Il a également signé un essai sur Rimbaud et la révolte moderne et un ouvrage sur le poète aux semelles de vent, L’oeuvre logique de Rimbaud. André Dhôtel décède à Paris en 1991.

HACHETTE Jean-Nicolas-Pierre : Né à Mézières en 1769. Mathématicien. Il est appelé à l’ouverture de l’Ecole Polytechnique par Monge pour occuper la chaire de géométrie descriptive. Membre de la commission scientifique lors de la campagne d’Egypte, il est nommé professeur à la Faculté des Sciences et à l’Ecole Normale Supérieure. En 1816, il perd sa chaire à Polytechnique. Louis-Philippe permettra son entrée à l’Institut que lui avait refusée Louis XVIII. Il décède à Paris en 1834. 

HACHETTE Louis-Christophe-François : Né à Rethel en 1800. Libraire. Il est le fondateur de la célèbre maison Hachette. Son aventure commence en 1826, date à laquelle il acquiert le fonds de la librairie Brédif, lui donne son nom et la développe. Sous son impulsion d’abord, puis sous celle de ses gendres et fils ensuite, la librairie devient une puissante maison d’édition qui diffuse des ouvrages tant en France qu’à l’étranger. Il meurt en 1854.

LA CAILLE Abbé Nicolas-Louis de : Né à Rumigny en 1713, diacre du diocèse de Reims, astronome et cartographe. En 1738 il cartographie la côte atlantique entre Nantes et Bayonne. Grâce à ses travaux il confirme que la Terre est aplatie aux pôles. Il est nommé professeur de Mathématiques au collège Mazarin à Paris en 1740 et devient membre de l’Académie royale des sciences en 1741. Il étudie le ciel visible au dessus de Paris. Un voyage de 1750 à 1754 lui permet d’étudier le ciel austral au Cap de Bonne-Espérance. Il relève la position de plus de 10 000 nouvelles étoiles. En 1752 il détermine la distance de la Terre à la Lune. De retour en France il poursuit un travail soutenu. Il meurt à Paris en 1762. 

MABILLON Dom Jean : Né à Saint-Pierremont en 1632. Erudit. Moine bénédictin de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, aide auprès du bibliothécaire Dom Luc D’Achery, il s’intéresse à l’histoire de la liturgie. Il est l’éditeur des oeuvres de Saint Bernard qui constituent une référence pour les historiens. Son oeuvre est révélatrice de sa grande érudition, de sa rigueur et de son sens critique. Fondateur de la critique historique moderne, il est considéré comme « l’homme le plus savant du royaume ». Il meurt en 1707 en laissant une oeuvre considérable.

MACDONALD Jacques Alexandre : Né à Sedan en 1765. Maréchal de France. Général en 1795, il se distingue à la bataille de Wagram en 1809, dont il est un des artisans de la victoire. Il est alors fait Maréchal et Duc de Tarente. En 1813, il participe à la bataille de Leipzig et s’y couvre de gloire. Il meurt en 1840.  

MACHAULT Guillaume de : Né à Machault vers 1300. Musicien et poète. On lui doit des oeuvres musicales exceptionnelles, composées de lais, ballades, rondeaux, virelais etc... Ses recherches musicales sont à l’origine de la longue série des messes polyphoniques des XVème et XVIème siècles. Estimée à 80 000 vers, son oeuvre poétique est également abondante et de qualité. Il meurt en 1377 à Reims. 

MESLIER Jean , curé, fils d'un marchand, il est ordonné prêtre à Etrepigny, dans les Ardennes, où il reste durant toute sa vie. De son vivant, il ne se fait remarquer qu'une seule fois lorsqu'il dénonçe les maltraitances des paysans par le seigneur du village. Sa vie serait passée inaperçue sans son "Testament" où il dénonce la religion chrétienne avec une vigueur exceptionnelle. Il se révéle également matérialiste, socialiste, voire communiste avant l'heure et sans doute l'un des premiers véritables athées. 
Son influence posthume et clandestine est certaine parmi les encyclopédistes. Voltaire et le baron d'Holbach ont assuré la diffusion de son "Testament" et contribué à sa notoriété. Certains ont vu chez Jean Meslier l'influence du paganisme persistant dans les campagnes ou du jansénisme. Il démystifie les religions et en dénonce l'imposture qui favorise les idéologies d'aliénation. 
Prenant à la lettre les Evangiles, Jean Meslier prône une révolution guidée par les curés des villages qui possédent le savoir en proposant de tout mettre en commun dans chaque paroisse afin que tous les habitants puissent bénéficier des biens de la terre. Son radicalisme s'apparente à l'anarchisme de Bakounine.

MEHUL Etienne : Né à Givet en 1763. Compositeur et organiste. Il a composé de nombreux opéras et opéras comiques ainsi que des oeuvres patriotiques dont le célèbre « Chant du Départ ». Auteur de musique religieuse et de pièces diverses, il signe également un certain nombre de ballets et de symphonies. Il disparaît en 1817.

PIETTE Edouard : Né en 1827 à Aubigny, magistrat, géologue, archéologue, préhistorien. Membre de la Société géologique de France dès 1851, il réussit, en collaboration avec Terquem, à dater certaines couches géologiques. Il entreprend des fouilles dans les grottes pyrénéennes. Ses travaux lui permettent d’établir une chronologie du Paléolithique supérieur basée sur les œuvres d’art. Il meurt en 1906. Il a légué ses collections au Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye.

RIMBAUD Arthur : Né le 20 octobre 1854 à Charleville, rue Thiers (nouvellement rebaptisée Bérégovoy). Poète. Son père : Frédéric Rimbaud était capitaine d’infanterie. Sa mère Vitalie Cuif, fille de propriétaires ruraux. Sans doute l’enfant du pays le plus célèbre. Elève brillant et rebelle au collège de Charleville, il se distingue par sa précocité. Il écrit des vers en latin et son premier poème "Les Etrennes des orphelins". A l’instar de sa vie, son oeuvre est brève et singulière. « Voyelles », « Le Bateau Ivre », « Une Saison en Enfer » ou « les Illuminations » figurent parmi ses poèmes ou ses textes les plus remarquables écrits alors qu’il n’a pas vingt ans. Arthur Rimbaud multiplie les fugues à Charleroi, où il est même emprisonné, Paris, Bruxelles, Londres. Sa liaison avec Paul Verlaine est tumultueuse. Une vie d’errances littéraires entretenue dans les bars et la misère. Mouvementée aussi est la partie de son existence passée hors d’Europe, à Chypre, en Ethiopie ou en Somalie où on lui attribue des ventes d’armes et même d’esclaves auprès du Roi Ménélik. Souffrant d’une tumeur cancéreuse de la jambe, Rimbaud est rapatrié en France. Son dernier voyage sera pour Roche, son village-refuge du sud des Ardennes où il aimait écrire près du lavoir, aujourd’hui réhabilité. Décédé à Marseille, à l’hôpital de la Conception, le 10 novembre 1891, il repose au cimetière de Charleville-Mézières. Des centaines de milliers d’ouvrages écrits en plus d’une double centaine de langues évoquent la vie de l’homme aux "semelles de vent", "l’alchimiste des mots", "le Voyant". "Je veux être poète" avait écrit Arthur Rimbaud à son professeur Georges Izambard. Il a pleinement exaucé son voeu. Un musée (Vieux-Moulin) lui est consacré à Charleville-Mézières où en 2004 a été fêté le 150 ème anniversaire de sa naissance. La maison qu’il a habitée en bordure de la Meuse a été rachetée par la ville de Charleville-Mézières et transformée en "Maison des Ailleurs" pour rendre hommage au plus génial des "piétons" de la littérature française.

SORBON Robert de : Né à Sorbon en 1201. Théologien. Nommé chanoine de Paris et chancelier de l’Université, il est chapelain de Saint Louis. Il fonde à Paris un collège qui prend son nom, La Sorbonne.

TAINE Hippolyte : Né à Vouziers en 1828. Philosophe, critique littéraire et critique d’art. Il est considéré comme l’un des penseurs les plus illustres de la fin du XIXème siècle. Pour Taine, l’homme est un « animal d’espèce supérieure », dont l’art et la littérature sont les fonctions naturelles. Resté toujours attaché à son pays natal, il s’éteint à Paris en 1893 en laissant une oeuvre importante d’où émergent deux livres : « L’intelligence », écrit en 1870, et « Les origines de la France contemporaine ».

TURENNE Henri de la Tour d’Auvergne, vicomte de : Né au Château de Sedan en 1611. Maréchal de France. Petit-fils de Guillaume le Taciturne, il sert en Hollande puis en France à partir de 1630 où il participe à de multiples campagnes. Maréchal à 32 ans, il se fait remarquer par son génie et sa bravoure à la tête d’armées qu’il mène à la victoire. Sa dernière opération, en 1675, menée en Alsace, lui est fatale. Touché par un boulet, il meurt à l’issue de cette audacieuse campagne. D’abord inhumé à Saint Denis, son corps est transféré aux Invalides par Napoléon 1er.