Trois Ardennes !

Géographiquement, on ne compte pas une, mais trois Ardennes : au nord, le massif et la forêt, au centre, les Crêtes et les zones de culture et d’élevage, et au sud, la craie et la plaine céréalière.

La Belgique au nord, l’Aisne à l’ouest, la Marne au sud et la Meuse à l’est bordent les Ardennes. Avec leur 5 246 km2, elles constituent le plus petit département de la Région Champagne-Ardenne dont elles font partie.

En raison de la nature du sol, terrains primaires au Nord et terrains secondaires au Centre et au Sud, ses paysages sont d’une extrême diversité.

Au nord, le plateau ardennais est accidenté. A travers le massif schisteux, vestige de la chaîne hercynienne, la Meuse, fleuve tranquille et navigable, aux spectaculaires méandres, et la Semoy, rivière plus impétueuse, se frayent de force un passage. Nous sommes au pays des légendes. Sur le parcours des deux cours d’eau qui entaillent la roche, les sites remarquables sont nombreux. Les Quatre Fils Aymon, Les Dames de Meuse, la boucle de Monthermé, sont des curiosités. Quand elle n’est pas couverte par de vastes forêts, cette partie de l’Ardenne, où culmine la Croix Scaille (504 mètres), offre des espaces sauvages et des zones d’élevage.

Au centre, on trouve les Crêtes préardennaises qui appartiennent au Bassin parisien et en forment une limite. Elles empiètent à l’ouest sur la Thiérache et au sud-est sur l’Argonne. C’est une région vallonnée, aux sites moins grandioses sans doute que ceux de la Vallée de la Meuse, mais tout aussi beaux, doux, apaisés, à échelle humaine. Les paysages y sont verdoyants. On y pratique l’élevage et la culture.

Au sud, le sol est crayeux. Finie la forêt. L’arbre y est rare. Place aux grandes cultures sur d’immenses étendues. C’est le début de la Champagne et sa grande plaine céréalière.

Jamais d'excès

S’agissant de leur climat, les Ardennes ne méritent pas la réputation que les médias ou le cinéma leur ont faite de pays glacé, humide et enneigé. La vérité est plus nuancée. Il y va du climat comme du relief : il est multiple.

Au nord, sur le plateau, les hivers sont plus froids qu’en limite des Crêtes, en Argonne ou en Thiérache, et la pluviométrie est supérieure à celle qu’on observe dans le centre du département.

Au Sud, en revanche, l’ensoleillement y est plus élevé qu’ailleurs et les températures sont tout à fait comparables à celles relevées dans la région parisienne.

En été, globalement, il y fait doux partout. Rares sont les chaleurs excessives. Rares sont aussi les tornades ou les violents orages. Bref, le temps est agréable et propice aux activités de plein air dans une nature accueillante.

Histoire et géographie 

La forme bizarre du département témoigne de l’assemblage de terres hétérogènes : au vieux noyau champenois du Royaume de France (et du diocèse de Reims) limité par la Meuse sont adjointes les terres de la principauté de Sedan, d’autres dépendant du Duché du Luxembourg (terre d’Ivois-Carignan) et de la Principauté de Liège et des Pays-Bas (pointe de Givet).