Escale ardennaise pour une Anglaise

Un petit bijou de technologie et de design était en escale à l’aérodrome des Ardennes – Etienne Riché la semaine dernière. A son bord, une Anglaise de 55 ans, aussi expérimentée qu’aventurière. Son nom ? Tracey Curtis-Taylor, bien connue dans le monde de l’aéronautique pour ses performances inspirées des pionnières de l’aviation des années 1920 et 30.

Qu’il soit dans le ciel ou sur la piste, impossible de ne pas tomber en admiration devant le Spirit of Victory, le Boeing Stearman biplan de Tracey Curtis-Taylor, une pilote anglaise habituée des défis. Cet avion mythique, conçu au début des années 1930, est toujours considéré par les spécialistes comme l’une des plus belles réalisations aéronautiques.

Femme de défis…

C’est avec cet appareil que la pilote se lance régulièrement dans des défis aéronautiques. En 2013, elle a relié Cape Town, en Afrique du Sud, à l’Angleterre, au cours d’un voyage de 8 jours et 13.000 km. Pour les connaisseurs, ce périple n’est pas sans rappeler la performance de Mary Lady Heath, la première femme à avoir traversé l’Afrique dans sa longueur, en 1928. Pour ce faire, Tracey avait besoin d’un avion capable de supporter les chaleurs africaines. Elle se tourne donc vers un biplan Boeing Stearman de 1942, un avion conçu au début des années 1930, similaire à celui utilisé par Lady Heath.

En 2016, elle réitère l’exploit d’Amy Johnson, pionnière de l’aviation qui, en 1930, fut la première à réaliser un vol en solo entre l’Angleterre et l’Australie. « C’est un véritable challenge avec un avion comme celui-là !, s’enthousiasme l’Anglaise, car il est lent, à peine 85-90 nœuds, mais c’est aussi ça qui me plaît, être dans les mêmes conditions qu’à l’époque d’Amy Johnson. » Autre contrainte pour elle : avec ce type d’avion, dont la capacité en carburant est limitée, elle est obligée de se poser toutes les six heures. Elle avoue d’ailleurs elle-même avoir choisi de faire escale dans les Ardennes : « On s’y est déjà arrêté plusieurs fois, on aime bien, ici. Je pense même que c’est mon aérodrome préféré dans tout l’ouest de l’Europe ! »

… et ambassadrice

Au cours de ses nombreuses escales, Tracey Curtis-Taylor va régulièrement à la rencontre du public pour présenter ses projets, mais aussi pour encourager les femmes à devenir pilote d’avion. « Elles sont encore trop peu à piloter, concède-t-elle, alors j’essaye de faire évoluer les choses ! Je présente mon parcours et évoque mes différents voyages en espérant que cela suscite des vocations… »

Elle n’oublie pour autant pas de présenter les risques liés à sa passion, comme cet accident qu’elle a eu l’année dernière alors qu’elle réalisait une traversée des Etats-Unis : son avion s’est écrasé en plein désert d’Arizona. Heureusement sans gravité pour elle et son copilote, mais son appareil a subi de sérieux dégâts. « J’ai eu de la chance d’avoir un tel avion, c’est lui qui a absorbé tout le choc », relativise-t-elle.

De ses différents exploits et voyages, Tracey a comme projet de réaliser un documentaire, qui devrait voir le jour en 2018.