Novembre 2005: le Conseil général lance une large concertation sur la révision du réseau des collèges

Dans sa séance plénière du 17 novembre 2005, le Conseil général des Ardennes s’est déclaré favorable aux propositions de révision du réseau des collèges. Dix établissements sont concernés. Cette réflexion s’inscrit dans les perspectives d’aménagement du territoire. Elle sera soumise à une large concertation avec les élus, les organisations syndicales d’enseignants et les parents d’élèves.

A l’initiative du Président Benoît Huré, le Conseil général des Ardennes s’est réuni le jeudi 17 novembre en séance plénière afin d’examiner un seul dossier : la révision du réseau des collèges publics des Ardennes. Il faut dire que le sujet est important et sensible et qu’il justifiait, à lui seul, des débats publics dans la phase préliminaire d’étude où il se trouve actuellement, à mi-parcours de son processus de réflexion.

Cette réunion publique est effectivement la quatrième des dix étapes de la réflexion et de la concertation qui s’est engagée, depuis le mois de mars dernier, avec les services de l’Inspection académique et qui seront prolongées, sur plusieurs mois, à tous les échelons où ils doivent l’être dans le département.

Pour les conseillers généraux, il s’agissait d’adopter les propositions de révision du réseau des collèges. Le Président Huré l’a d’ailleurs rappelé dans son discours d’introduction : "une étude d’impact sera menée par les services de l’Education Nationale, tout comme seront nécessaires les consultations avec les organisations syndicales, les parents d’élèves, les élus et les habitants des communes concernées".

C’est à l’issue de ce cheminement "démocratique" que le Conseil général statuera in fine sur les propositions définitives au cours du premier trimestre 2006. Il appartiendra finalement, au Préfet, autorité compétente, de procéder à l’ouverture et à la fermeture des sites visés dans ce processus de réorganisation du réseau des collèges ardennais.

Malgré la baisse constante des effectifs observée depuis 20 ans, le nombre d’établissements qui apparaissait déjà important il y a trois decennies, est resté pratiquement le même, avec 44 sites. Cette situation confère, aujourd’hui, aux Ardennes une singularité particulière, comparée aux départements limitrophes et par rapport aux départements situés sur la même tranche de population. Avec 13.178 éléves recensés en 2005, le département des Ardennes possède toujours 44 sites, alors que l’Aube ne dispose que de 25 sites pour 12.600 élèves, la Haute-Marne 24 sites pour 8.590 élèves, la Meuse, 24 sites pour 8.600 élèves, la Marne 49 sites pour 22.000 élèves et l’Aisne 57 sites pour 26.000 élèves.

Après quatre heures de débats, le Conseil général a voté cette révision du réseau des collèges. Sur les 37 conseillers généraux, 20 se sont prononcés en faveur des propositions listées par le Président. Seize conseillers généraux ont voté contre et un bulletin blanc est sorti de l’urne.

A la liste des huit collèges menacés de fermeture que sont La Fontaine Charleville-Mézières, Chateau-Porcien, Le Chesne, Liart, Maubert-Fontaine, Raucourt, Revin Briand, Rimogne, se sont ajoutés, pour éviter toute exception aux règles qui ont déterminé le choix initial, les deux collèges de Chaumont-Porcien et de Grandpré. La fermeture de ces établissements, si la fermeture est confirmée après le processus de concertation décrit en préambule, ne sera effective qu’à la rentrée de la période 2007-2008. En revanche, un nouveau collège sera créé à Renwez, canton où il n’y en a pas malgré la forte poussée démographique de ces dernières années. Cinq autres cantons n’ont pas ou n’ont déjà plus de collège : Omont, Machault, Tourteron, Novion-Porcien et Monthois.

Cette séance exceptionnelle s’est déroulée dans une ambiance "digne". Le Président Benoît Huré a annoncé que des mesures financières spécifiques seront décidées, dès la prochaine discussion budgétaire du mois de décembre, dans le cadre d’une politique d’Aménagement du Territoire, pour les secteurs concernés par une fermeture.

Ces investissements sont susceptibles d’entraîner "un réel renouveau économique et démographique dans les territoires ruraux en difficulté afin d’’enrayer la spirale à laquelle ils sont confrontés". Le Président sollicitera un accompagnement expérimental et exceptionnel de l’Etat qui impose une telle restructuration pédagogique.