Orientations Budgétaires 2006 : une politique ambitieuse d’aménagement du territoire

Le Conseil général des Ardennes s’est réuni pour examiner ses orientations budgétaires pour 2006. L’Acte II de la Décentralisation doit donner au Département les moyens de réussir son double défi de développement et de modernisation tout en améliorant son attractivité. Un rendez-vous sur l’avenir.

Les conseillers généraux ardennais se sont réunis, lundi 17 et mardi 18 octobre, pour deux jours, en séance plénière automnale afin d’examiner les orientations budgétaires pour 2006.
" L’Acte II de la Décentralisation est un tournant dans l’Histoire des conseils généraux " : le Président Benoît Huré n’a pas caché, dans son discours d’introduction, le " défi et les enjeux que représente pour l’institution ardennaise, à l’horizon de quelques mois, le transfert des compétences de l’Etat vers la collectivité départementale. Les conseils généraux " vont jouer un rôle de premier plan dans l’aménagement et le développement des territoires ". Le défi est double : budgétaire et économique. Pour le mener à bien, le Conseil général dispose de marges de manœuvre déclinées à travers une "modération fiscale ", jusque là respectée et d’un " endettement raisonnable ". Sur le plan des infrastructures, le vaste chantier ouvert depuis plusieurs années laisse deviner les fortes chances d’un prochain désenclavement, tant dans le domaine routier avec l’achèvement de la branche ouest de l’A34, que dans le domaine ferroviaire avec l’arrivée du TGV dans les Ardennes.
En clair, la décentralisation ne sera pas vécue comme un boulet par le Conseil général des Ardennes qui cherchera à mettre en place un système de péréquation tentant d’assurer " l’indispensable équilibre entre les espaces ruraux et les espaces urbains ".
L’application de la loi du 13 août 2004 suppose que le département lance une véritable politique de " territorialisation ". En matière d’Education, le Conseil général doit gérer l’intégration des personnels techniciens, ouvriers et agents de service (TOS) dans ses effectifs. Cinquante-deux agents sur les 359 concernés, deviendront, dès le 1er janvier 2006, des " territoriaux ". Le Conseil général hérite aussi du transfert des biens immobiliers des collèges -une séance extraordinaire sera consacrée au sujet le 17 novembre- et, côté culture, du schéma de développement des enseignements artistiques. Le transfert d’une partie des routes nationales, des personnels de la Direction départementale de l’Equipement (DDE) s’inscrit également dans le lourd dossier des équipements et des infrastructures à développer. Le Conseil général intervient désormais dans le cadre du transfert de compétence sur l’élaboration du plan d’élimination des déchets. Au niveau social, il élargit sa palette de solidarité avec la prise en charge du Fonds d’Aide aux Jeunes et en veillant sur la coordination gérontologique . Le Conseil général délibérera sur l’ensemble de ces dossiers à l’occasion de l’examen du Budget Primitif du 12 au 16 décembre.
Dans son discours d’ouverture de cette séance consacrée aux orientations budgétaires, le Président Benoît Huré s’est déclaré en faveur d’une " politique ambitieuse d’aménagement du territoire ". Il a développé les grands axes de sa politique d’investissement qui ne sera pas bridée par l’Acte II de la Décentralisation, car elle dépassera largement les seuls domaines nouveaux de compétences qui viennent se greffer à son action départementale. On y retrouve en bonne place le déploiement du réseau des télécommunications, afin de répondre, dans un souci de proximité, à l’exigence des administrés. " Les Ardennais doivent devenir acteurs de l’avenir du département " : c’est le vœu personnel du Président Huré.
Les conseillers généraux ont poursuivi mardi 18 octobre l’examen de ces orientations budgétaires. A la fin de ces deux journées de débat, le Conseil Général a adopté trois voeux. Le premier porte sur "le maintien et la qualité des services publics de la santé". Les conseillers généraux lui ont donné un caractère d’urgence. Ils s’inquiètent notamment des "contraintes budgétaires imposées aux établissements hospitaliers ardennais ". Le deuxième voeu porte sur "le maintien des services de l’Equipement dans les secteurs ruraux" après l’opération de transfert d’une partie des agents qui va intégrer les effectifs du Conseil Général.

Enfin, à l’unanimité, les conseillers généraux ont interpellé le ministre des Transports, de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer sur le problème de la restructuration du secteur fret de Mohon et sur le maintien des activités de la SNCF dans le département. Le Président Benoît Huré après être monté au créneau, a demandé un rendez-vous avec le Président Directeur Général de la SNCF M. Gallois. Il veut lui rappeler les "lourds investissements que prévoit le département des Ardennes pour accueillir le TGV" et, en parallèle, le "mécontentement des industriels ardennais en matière de fret trop onéreux".

Le développement des infrastructures et de l’économie ardennaise passe par ce triple souci de ne pas handicaper le Département au moment où il amorce un tournant de son histoire.

Téléchargez le discours du Président du Conseil général.