Une journée de réflexion et d’échange sur la protection de l’enfance

A l’initiative du Conseil Général et de sa Direction des Interventions Sociales Ardennaises, plus de deux cents responsables de la protection de l’enfance ont listé le 7 février les propositions d’actions innovantes qui alimenteront la réflexion nationale dans la perspective d’une réforme législative annoncée pour fin 2006.

C’est à l’invitation de Philippe Bas, Ministre délégué à la Sécurité Sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille que, partout en France, les collectivités qui ont la charge du domaine de la protection de l’enfance s’impliquent dans une très large réflexion sur un des sujets les plus sensibles dans la société actuelle.

Cette réflexion bien amorcée doit se prolonger tout au long de l’année 2006. Elle vise à améliorer l’ensemble du dispositif de ce secteur social.

Tous les acteurs de la protection de l’enfance, les Présidents de conseil général, les députés, les sénateurs, les magistrats, les personnels de l’Education nationale, les travailleurs sociaux, les pédopsychiatres et les auteurs de rapports les plus récents sur le sujet ont réussi consensuellement à en convaincre le ministre : "il y a nécessité d’améliorer l’ensemble du dispositif de protection de l’enfance".

"Repenser le cadre législatif"

Philippe Bas le dit lui-même dans une lettre aux élus et partenaires de cette vaste consultation : "cette rénovation nécessite d’affirmer explicitement les grands principes sur lesquels doit reposer une politique efficace de protection de l’enfance, en posant des objectifs clairs pour guider l’action de tous les acteurs ou les décideurs qui interviennent dans ce domaine. Elle doit être l’occasion de repenser notre cadre législatif mais aussi notre organisation et nos pratiques."

Voilà les idées qui ont servi de trame à la journée de réflexion et d’échange sur la protection de l’enfance organisée, ce mardi 7 février, au centre de congrès des Vieilles-Forges par le Conseil général des Ardennes, sous la parfaite conduite des services spécialisés de la Direction des Interventions Sociales Ardennaises (DISA).

Ce débat décentralisé s’inscrivait dans l’esprit du chantier de rénovation entamé au ministère concerné et relayé, sur le terrain, par tous ceux qui auront mission de faire aboutir un tel projet à des "recommandations concrètes, réalistes mais aussi audacieuses".

"Renforcer les synergies"

Plus de deux-cent-cinquante personnes se sont retrouvées aux Vieilles Forges afin d’échanger, au-delà du dispositif de protection de l’enfance, sur l’ensemble des interventions publiques concernant les mineurs. Le Président du Conseil général Benoît Huré qui a ouvert cette journée a souhaité qu’elle permette de "renforcer les synergies existant dans les Ardennes entre les services du Conseil général, ceux de l’Etat et le secteur associatif habilité".

En jaugeant un tel parterre d’acteurs sociaux en provenance d’horizons professionnels très divers, le Président Benoît Huré y a vu "le signe d’une volonté de construire la meilleure complémentarité de propositions et d’actions innovantes au service de l’intérêt des enfants et dans le souci constant de respect du droit des familles".

"Je sais que votre tâche à toutes et à tous est difficile, dans vos domaines de compétence et d’intervention respectifs et que la charge émotionnelle est forte, lorsque l’on s’implique auprès de nos concitoyens les plus en difficulté" a dit le Président du Conseil général des Ardennes à l’intention de tous ces acteurs sociaux.

"Concepts juridiques flous et autorité parentale"

De nombreuses personnalités ont participé à cette journée. Juliette Corré, Directrice de la DDASS représentait le Préfet et a rappellé les rôles et les compétences nouvelles des services de l’Etat dans le schéma régional d’organisation sanitaire.

Les représentants de la Direction de la Jeunesse et des Sports, de l’Inspection Académique, de la Justice ont bien cerné leur rôle respectif dans ce secteur de la protection de l’enfance. Michèle Creoff, Directrice adjointe du service de la protection de l’enfance au Conseil général du Val de Marne, chargée de mission pour les départements de l’ile de France est venue éclairer de ses réflexions cette journée. Elle a évoqué "la complexité du dispositif existant", "le désengagement de l’Etat dans l’action sociale", les "concepts juridiques flous", "le problème de l’autorité parentale".

Tous les acteurs ont été invités à échanger dans quatre ateliers sur la prévention, les pratiques professionnelles, notamment celles du secret professionnel, l’action éducative auprès des enfants et des familles et la parentalité. De multiples questions vont remonter vers le ministère qui aura la charge de traduire cette forte demande à travers une réforme constructive et adaptée aux enjeux de demain sur ce dossier difficile mettant en relief la noblesse des différents métiers des acteurs sociaux.

Cette journée, au-delà de son implication au niveau national, est venue donner un sens à l’organisation bien ciblée qu’impulse le Conseil Général des Ardennes sur son territoire de compétence.