A l'occasion de la Semaine nationale de la petite enfance, découvrez chaque jour une action du CD08 en direction des enfants et de leurs familles. Les bilans en école maternelle pour les enfants de 4 ans sont une priorité du service de Protection Maternelle et Infantile. Environ 2 500 enfants sont vus dans ce cadre chaque année. Nous avions suivi en 2024 une des infirmières-puéricultrices qui réalisent ces bilans.
« Il est super, ton bonhomme ! Et tes yeux voient très bien. Je vais écrire dans ton carnet de santé que tu grandis bien. »
Ce matin-là, à l’école de La Francheville, Amélie Vaireaux termine le bilan de santé d’un enfant de 3 ans et demi, en maternelle. La puéricultrice a tout « checké » : il entend bien, il articule bien, il sait enlever un vêtement tout seul, il va jouer dehors quand il fait beau, il se couche de bonne heure et il dort bien la nuit, il sait faire un carré, une croix, un triangle, il utilise le « je », il ne boit pas de sodas ou très peu, etc.
Au CD08, elles sont 25 comme Amélie, puéricultrices de PMI, à réaliser cette mission de prévention. Les bilans des enfants de 4 ans s’adressent à tous les enfants scolarisés. L’objectif est de suivre la croissance et le bon développement des petits. Les parents sont présents la majorité du temps, en tout cas la PMI le recommande car leur présence améliore l’efficacité des entretiens.
« Je peux être amenée à leur signaler un problème de vue, de poids ou de langage par exemple, explique Amélie. S’ils me disent que leur enfant est suivi, tant mieux, mon travail s’arrête là. Sinon, mon rôle est de les orienter vers le professionnel adéquat. Et parfois, cela demande un peu de temps pour réussir à les convaincre de voir quelqu’un. Quand on est parent, on ne se rend pas toujours compte des problèmes de son enfant, parce qu’on y est habitué. Les problèmes de langage notamment, les parents s’y habituent, eux comprennent très bien ce que l’enfant leur dit. »
La puéricultrice pose une dernière question ; elle veut vérifier si l’enfant connaît les couleurs : « Il est où le vert, là, sur ce dessin ? ».
La réponse fuse, sur un ton bien décidé : « Y’a pas de vert ! C’est rose et gris ! ».
« L’important, c’est que l’enfant soit suivi. »
« J’adore cette mission, les enfants me font rire, sourit Amélie. Et c’est tellement riche ! On aborde beaucoup de sujets, donc on brasse énormément d’informations sur la santé, l’école, le domicile. Ça me permet de donner aux parents des astuces, des conseils, et surtout donc, de les orienter vers un spécialiste si besoin. Notre but, c’est de prévenir, s’assurer que les éventuels problèmes sont pris en charge. Si l’enfant va bien, ça me va. Si, comme cela arrive parfois, des parents refusent que l’on voie leur enfant, je demande un certificat médical avec les tests ; l’important, c’est que l’enfant soit suivi. »
Parfois, des choses graves peuvent sortir lors de ces entretiens. Comme cette fois où Amélie faisait le bilan d’une petite, seule avec elle. « Je commence toujours en me présentant, je dis aux enfants que je rencontre que je suis l’infirmière puéricultrice des enfants. Et là, tout de suite, la petite me dit : « Mon papa tape ma maman. Moi je pleure, ma grande soeur me dit « chut », on se cache sous le lit… ». Cela a donné lieu à une rencontre avec la maman, qui m’a raconté toutes les violences qu’elle subissait. Dans ces cas-là, notre mission prend tout son sens, évidemment, confie Amélie. On n’est plus dans la prévention, mais dans la protection de l’enfance. C’est dur, mais cela fait partie de notre métier. »
