Episol, la petite épicerie au grand cœur

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Solidarité

Le CD08 soutient les acteurs de l’aide alimentaire. Parmi eux, Episol, une épicerie solidaire qui œuvre à Nouzonville. L’association a reçu du Département une subvention de plus de 9 000 € en 2025.
 

Episol, comme soleil, comme solidarité. Ici, à Nouzonville, cette petite épicerie vend à prix solidaire toutes sortes de marchandises : des œufs, des légumes, des conserves, du shampoing… « Une épicerie solidaire, c’est un format hybride entre le don et faire ses courses normalement, explique Julien Bazoge, le seul salarié de cette association qui fonctionne depuis 2009. Il y a des prix affichés, les personnes sont libres de choisir ce qu’elles veulent et elles passent à la caisse. Comme dans une épicerie de quartier. »
Les fruits, les légumes et une partie du frais sont fournis gratuitement par la Banque Alimentaire. Tout le reste est acheté, notamment auprès de l’association Filières des Ardennes et du magasin Biocoop de Charleville-Mézières. « Nos bénéficiaires ont le droit comme tout le monde de bien manger. On a ce souci d’être une épicerie de qualité, souligne Julien Bazoge. Quant aux prix, les personnes paient les produits 30% de leur valeur, Episol prend en charge les 70% restants, donc c’est vrai qu’on est content lorsqu’on reçoit des dons ! »
En 2024, l’épicerie nouzonnaise a ainsi aidé 122 foyers, soit plus de 300 personnes, en situation délicate. « Elles sont aiguillées vers nous par les travailleurs sociaux, qui connaissent leur reste à vivre. C’est ça qui conditionne l’accès à Episol. On leur alloue alors un budget mensuel, qui dépend aussi de la taille du foyer. Et l’aide est limitée dans le temps : 3 mois d’affilée maximum », explique Julien Bazoge.

Plus qu'une épicerie

Au-delà de cette fonction première d’épicerie, Episol crée du lien, et ça, ça n’a pas de prix. Des animations ont lieu ponctuellement, pour valoriser les personnes (massages bien-être, manucure, coiffure…). D’autres ont leur place régulière dans le calendrier : c’est le cas de l’atelier cuisine. « L’association a su créer là un espace de vie sociale, souligne Pascale Muszalski, travailleuse sociale au CD08. J’ai en tête l’exemple d’une maman très isolée, pour qui l’atelier a été le moyen de rencontrer d’autres personnes, et aussi d’être reconnue. Elle était fière de ramener à la maison quelque chose de bon qu’elle avait elle-même préparé, aux yeux de ses enfants ça la valorisait. Pour nous, c’est un confort de travail de pouvoir s’appuyer sur des associations comme Episol qui partagent les mêmes valeurs. Ici, on est dans le non jugement, la bienveillance, le respect des personnes. »
Episol cherche des bénévoles pour devenir administrateurs. A bon entendeur…

 

(Episol fait partie du Réseau national des épiceries solidaires Andès, ce qui lui permet par exemple de financer des équipements de cuisine pour ses ateliers cuisine.)

Paroles de bénéficiaire :

Corine est accro à l’atelier cuisine : "C’est un petit groupe et on s’entend tous bien. J’ai démarré l’atelier au mois de juin et depuis, je viens tous les quinze jours. J’adore. J’apprends à cuisiner toutes sortes de plats. Mais surtout, c’est notre petit temps à nous, de rencontre, de détente. On rigole, c’est très convivial, familial ! Ici on se sent entouré."

Paroles de bénévole :

Corine, bénévole à Episol, s’est engagée comme administrateur de l’association en décembre 2025 : « Je suis en retraite depuis trois ans ; j’ai été longtemps éducatrice spécialisée, puis chef de service dans le social, c’était un métier-passion et le lien, le partage, l’accompagnement, tout ça me manquait. J’ai cette fibre, j’aime les gens et ici, je peux à nouveau partager. »