France Parrainages, vous connaissez ? L’antenne ardennaise de cette association, soutenue par le CD08, met en place des parrainages de proximité qui permettent à des enfants et des adolescents confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance de partager régulièrement du temps avec un parrain, une marraine ou une famille de cœur. Le but étant de leur apporter un soutien affectif et de contribuer à leur épanouissement.
Si vous êtes intéressé(e), sachez qu’une réunion d’information est prévue prochainement : vendredi 13 février à 18h30, dans les locaux de France Parrainages à Charleville-Mézières.
En attendant, Audrey Beldjoudi, la référente des parrainages pour tout le 08, vous en dit plus sur ce rôle et ces liens, qui peuvent tout changer !
CD08 : Une trentaine de parrains, marraines et couples se sont lancés dans l’aventure du parrainage de proximité, dans les Ardennes. Est-ce que c’est suffisant par rapport aux demandes ?
Audrey Beldjoudi : Non ; il y a une liste d’attente conséquente. Nous avons plus d’enfants qui attendent, que de candidats au parrainage. D’où l’importance pour nous de communiquer encore davantage. Pourtant, notre antenne ardennaise est présente à Charleville-Mézières depuis 2020, et les locaux que nous avons intégrés en mars 2023, quai Rimbaud, offrent une vitrine plus visible. Mais je suis persuadée que plein de gens pourraient devenir parrains ou marraines s’ils connaissaient le dispositif.
CD08 : Qu’attend-on en premier d’un parrain ou d’une marraine ?
A.B. : Du temps ! Un don de temps : c’est l’essence du parrainage de proximité. L’accueil se fait sur des temps courts, généralement une fois tous les 15 jours (a minima une fois par mois). Mais ça peut varier, tout dépend des parties : des besoins de l’enfant et des possibilités du parrain. Et l’engagement de ce dernier doit être durable, ça, c’est vraiment essentiel. J’utilise souvent cette image : une plante que l’on change de pot sans arrêt s’en trouve fragilisée. L’enfant parrainé a besoin de liens stables, pour bien grandir.
CD08 : Est-ce que toute personne peut devenir parrain ou marraine ?
A.B. : Oui. Peu importe en tout cas qu’elle soit en couple ou célibataire, avec ou sans enfant, active ou retraitée. Tant qu’elle a envie de partager du temps avec un enfant ou un adolescent, c’est possible. Après, il est évident que les dossiers de candidature sont soigneusement évalués, avec l’aide d’un psychologue notamment. On rencontre la personne, ou la famille, on lui demande quel est son projet, ce qu’elle attend, si elle envisage plutôt de parrainer un petit ou un adolescent, on la voit aussi dans son lieu de vie… Ensuite, si l’on valide le projet, on regarde avec quel enfant en attente d’un parrain cela pourrait matcher. Sachant qu’il y a aussi tout un travail avec ces enfants qui demandent à être parrainés. On cherche à comprendre avec eux ce qui les motive, et l’on vérifie qu’ils sont bien capables d’entrer dans une relation de parrainage.
Après quoi la rencontre entre les deux peut avoir lieu ! Et là, je dis toujours, c’est la beauté du parrainage : nous, on a été le pont entre l’enfant et le parrain, ensuite c’est à eux et nous, ensemble, d’écrire l’histoire. J’insiste sur le ‘nous’ car notre rôle n’est pas juste de mettre en place les parrainages, mais aussi d’accompagner la relation entre le parrain et son filleul. On est à l’écoute des parrains, des marraines et des enfants pour leur apporter conseils et soutien.
C’est pour cela aussi que les salariés de France Parrainages sont tous des travailleurs sociaux, avec une expérience en Protection de l’Enfance. On a l’habitude de ces parcours, on connaît bien ces situations, on sait décoder certaines attitudes… tout ça est très important pour créer la passerelle !
CD08 : Est-ce qu’on ne se sent pas obligé, en tant que parrain, d’offrir des choses extraordinaires à l’enfant qu’on accueille ?
A.B. : Ce qui importe, c’est de créer du lien affectif et durable avec l’enfant, et cela peut passer par des choses simples, comme aller à la piscine, au cinéma, l’accompagner à son match de foot, ou son spectacle de danse… D’ailleurs, au début, ce sont souvent des choses simples, le temps d’apprendre à se connaître. Après, la relation évolue et, naturellement, on peut avoir envie de partager un week-end ou même des vacances, par exemple. Mais, ce qui est sûr, c’est qu’on voit très vite les effets que cette relation produit. Le parrainage de proximité offre à l’enfant un soutien affectif et une ouverture sociale et culturelle qui lui permettent de se sentir soutenu et épaulé en dehors de son cercle familial. Il partage avec son parrain ou sa marraine de cœur des moments de complicité qui sont bénéfiques pour son développement. Chez les adolescents, l’effet est encore plus visible ; ils peuvent avoir besoin d’échanger sur des sujets avec quelqu’un d’autre que leurs éducateurs ou leurs parents.
+ d’infos et contact :
3, quai Arthur Rimbaud à Charleville-Mézières
Tél. : 03 51 25 10 09
