Histoire du département des Ardennes

Peuplées depuis les temps les plus reculés, les Ardennes doivent leur nom aux forêts qui recouvrent leur territoire. «Arduinna», en langue celtique, signifie «forêt profonde». 

Les Ardennes ont été, à toutes les époques, un carrefour et une terre de passage. La Meuse, ce grand fleuve qui les traverse, a toujours constitué une voie d’échanges et de pénétration.

Cette implantation, à proximité des frontières du Nord, leur a apporté certes du bonheur et de la prospérité, mais aussi du sang, comme en témoignent les innombrables vestiges de l’histoire militaire et combattante qui jonchent le pays d’Ardenne.

Aujourd'hui, les châteaux forts, les remparts, les forteresses qui jalonnent la campagne et embellissent les villes ne représentent plus que des éléments du patrimoine. 

Cinq siècles avant J.C., les Celtes se répandent sur la région, laissant des traces de leurs activités et de leurs rites.

Puis arrivent les Romains, qui construisent des voies, dont on peut suivre encore le tracé à travers la campagne. Après la civilisation gallo-romaine vient une période d’épanouissement, liée au développement des cultures mérovingienne puis carolingienne. Plus tard, les Ardennes partagent le même destin que les autres territoires.

Elles sont morcelées en une infinité de fiefs d’où émergent deux puissantes familles, les Comtes de Rethel et les Lamarck à Sedan.

Les premiers nous ont légué, à travers Charles de Gonzague, la célèbre place Ducale de Charleville-Mézières, les seconds, le château de Sedan, forteresse réputée être la plus étendue d’Europe.

Un champs de bataille

Rocroi dans les Ardennes
Tout au long des siècles, le pays est un vaste champ de bataille. De grandes confrontations européennes s’y déroulent. La bataille de Rocroi reste dans l’Histoire de France l’une des plus célèbres. Condé y remporta, en 1643, une victoire éclatante sur les Espagnols. 

1870, en revanche, est une défaite pour la France. Malgré une résistance héroïque des troupes françaises à Bazeilles, l’armée, encerclée, est vaincue à Sedan. L’acte de capitulation est signé par Napoléon III au château de Bellevue. 

En 1914, les Ardennes sont à nouveau envahies. Le département est alors occupé totalement par les Allemands qui imposent leur loi avec une implacable rigueur jusqu’à l’Armistice de 1918. Le pays est entièrement ravagé.

En 1939, l’ennemi franchit une nouvelle fois la frontière, pourtant réputée infranchissable. Les chars de Gudérian parviennent jusqu’à la Meuse à Sedan et butent sur les lignes françaises.

Celles-ci finissent par céder, notamment à Stonne ou à La Horgne. L’attitude héroïque de certains éléments de l’armée française n’épargne pas l’exode à des milliers d’Ardennais. La liberté perdue est retrouvée en 1944, à la libération du territoire par les troupes américaines.

Une terre de labeur et de culture

Si les Ardennes ont été dans l’histoire souvent meurtries par les conflits, elles ont su aussi tirer profit de leur situation géographique pour bénéficier, au passage, d’éléments positifs des civilisations qui les traversaient, et innover. 

Par exemple, au XIIème siècle, le pays s’est trouvé en pointe avec la Charte de Franchises de Beaumont en Argonne qui a servi de modèle municipal à plus de 600 communautés de la France du Nord. 

Dans le domaine technique aussi, la région a été particulièrement précoce. On y a travaillé le métal très tôt, depuis les Celtes. En 1840, le département était le second producteur français de fer. Dans le secteur de Rethel, l’industrie lainière a été longtemps florissante. 

Depuis 1945, la paix s’est installée. Durablement. Les meurtrissures des guerres et des invasions ont forgé le caractère des Ardennais. Mieux que d’autres, ils connaissent le prix des larmes. Ce qui les autorise à croire aujourd’hui en un avenir meilleur.

Quelques ardennais célèbres

  • BAZELAIRE Paul : né le 4 mars 1886 à Sedan. Violoncelliste et pianiste prestigieux ayant étudié et enseigné au Conservatoire de Paris. 
  • BOUCHER DE CREVE COEUR DE PERTHES Jacques : Né à Rethel en 1788. Préhistorien et archéologue ayant été le premier à soutenir l’hypothèse de l’homme préhistorique.
  • BOURDON Georges Henri: né à Vouziers le 15 janvier 1868. Ecrivain, hommes de lettres et journaliste (Le Figaro).
  • BRUNEAU Charles : Né à Givet en 1883. Linguiste et professeur à la Sorbonne connu pour être l’auteur d’une Petite Histoire de la Langue Française.
  • CHANZY Antoine-Eugène-Alfred : Né à Nouart en 1823. Général et diplomate.
  • CORVISART Jean-Nicolas : Né à Dricourt en 1755. Premier médecin de Napoléon. 
  • DHOTEL André : Né à Attigny en 1900. Poète et professeur de philosophie à Paris, puis à Athènes.
  • HACHETTE Louis-Christophe-François : Né à Rethel en 1800. Libraire. Il est le fondateur de la célèbre maison Hachette. 
  • MACDONALD Jacques Alexandre : Né à Sedan en 1765. Maréchal de France. 
  • MEHUL Etienne : Né à Givet en 1763. Compositeur et organiste. 
  • PIETTE Edouard : Né en 1827 à Aubigny, magistrat, géologue, archéologue, préhistorien.
  • RIMBAUD Arthur : Né le 20 octobre 1854 à Charleville, rue Thier. Poète mondialement célèbre. 

 

 

 

 

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Musée Guerre et Paix en Ardennes

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