Les 3 cantons associés au 50e anniversaire de l'Insurrection en Hongrie

Les musiciens de la Fraternelle, la fanfare de Margut jouant l'hymne hongrois devant la stèle dédiée aux victimes locales de la répression du soulèvement d'octobre 1956 ; l'abbé Leclet, le curé de Carignan, concélébrant la messe avec son homologue hongrois en l'église de Jaszapati : ce sont là deux moments forts du récent séjour de la Communauté de Communes des Trois cantons dans la région du Jaszsag, au cœur de la grande plaine hongroise.

Depuis le mois de décembre 2001, neuf communes hongroises de cette région agricole à quelques 120 kilomètres à l'est de Budapest ont signé une convention de jumelage avec la Communauté de communes des trois cantons de Carignan, Mouzon, Raucourt.
Quatre rencontres annuelles ponctuent ces échanges. La saison estivale reste propice aux rencontres de jeunes dans le cadre du programme européen. Deux premières actions d'échanges économiques ont eu lieu au cours de la foire agricole de Sedan, permettant de faire connaître les spécificités de cette région.
Au fil des années les relations se sont élargies sur le plan international, pour devenir quadripartite, avec l'adhésion de la ville homonyme de Carignan au Québec et auparavant du département gabonais de Tasamba Magotsi, déjà lié aux Trois cantons.

DES HEURES TRAGIQUES

C'est pourquoi le consul du Gabon à Paris et son premier conseiller avaient tenu à faire partie de la délégation de la Communauté de Communes, conduite par son président, Michel Marchet et son vice-président, Jean-Marie Hanin, qui s'est rendue du 20 au 24 octobre à Jaszapati, une des neuf communes hongroises jumelées.
Ces rencontres avaient une solennité particulière due au calendrier : elles étaient l'occasion de célébrer le 50e anniversaire du soulèvement du peuple hongrois et de sa sanglante répression.
Le 23 octobre 1956, un vent de révolte entraînait le peuple hongrois à se soulever contre le joug soviétique.
Le 4 novembre les chars soviétiques, appuyés par l'aviation, entraient dans Budapest et les principales villes du pays pour noyer dans le sang l'insurrection victorieuse. La répression faisait 25.000 morts. La " chasse " aux insurgés se poursuivra jusque dans les campagnes le plus reculées et se poursuivra jusqu'en 1961.
En quelques jours la Hongrie venait de vivre une des pages les plus sombres de son histoire.
Plusieurs des différentes manifestations auxquelles a pris part la délégation française étaient donc empreintes du souvenir de ces heures tragiques. Non sans oublier d'évoquer la Hongrie d'aujourd'hui et de demain.

LA FRATERNELLE A L' HONNEUR

Cette Hongrie du XXI siècle était d'ailleurs bien symbolisée par la découverte du lycée de Jaszapti modernisé en 2004.
Après la visite de l' établissement, les personnalités présentes ont pu applaudir un concert donné par les élèves de l'école de musique, révélant des talents prometteurs au piano et au violon.
Ce concert a su démontrer combien la musique était un merveilleux moyens d'échanges, puisque après les gammes classiques, il appartint à la Fraternelle d'apporter un final rythmé avec des marches connues de tous.
La Fraternelle fut encore à l'honneur au cours de deux cérémonies commémoratives en l'honneur des insurgés victimes de la répression soviétique: l'une dans le village de Jaskiser, où fut inauguré un stèle du cinquantenaire, en présence de nombreux villageois porteurs d'une bougie et le lendemain à Jaszapati.
Les musiciens de Margut ont interprété les hymnes hongrois et français tandis que quatorze porte-drapeau représentant les associations de combattants des trois cantons rendaient les honneurs.

LE SYMBOLE DE L 'AVENIR

L'émotion, mais aussi la solidarité ont été le trait commun des différentes cérémonies. Ainsi les habitants de Jaszapati étaient venus nombreux pour assister à la messe concélébrée par l'abbé Leclet dans l'église de la commune, superbe monument historique médiéval.
Ensuite dans le cadre grandiose du centre culturel, les élèves du lycée, par le récit et avec des images d'époque ont magnifiquement retracé les événements de 1956, avec un regard sachant lier le passé et l'avenir.
La construction de l'avenir et le devenir de l'Europe furent d'ailleurs les thèmes majeurs des interventions des différentes personnalités présentes et du maire de Jaszapati, Lajos Szabo.
Avec une maîtrise parfaite de la langue française, la proviseur du lycée, Clara Kalmar, se fit l'interprète de Benoît Huré, en lisant un message dans lequel le Président du Conseil général associait l'ensemble de l'institution départementale à ces célébrations.
Dans son message, Benoît Huré soulignait notamment l'intérêt des relations privilégiées entre les Ardennes et la région de Jaszsag, " signe d'une authentique volonté, spontanée et sincère, non seulement d'établir des échanges économiques utiles à la prospérité de nos deux régions, mais aussi d'approfondir notre connaissance réciproque, en intensifiant nos échanges culturels, nos relations touristiques et les contacts de notre jeunesse, meilleur symbole pour l'avenir des nos relations mutuelles ".